BnF 1433 : Aÿ, quest ore devenuz Yvains quant il nest sa venuz La scène décrite est un véritable exploit guerrier. Votre commande peut aussi se faire chez un libraire 31De nombreuses propositions phatiques sont placées en incise, visant théoriquement à établir ou rétablir le lien avec le destinataire du message. Elles servent concrètement à donner lillusion du contact de loral. La proposition Sachiez bien est particulièrement fréquente. On note quatorze occurrences de ce verbe à limpératif, mais il est employé huit fois sous forme dincise qui viennent rompre le déroulement de la phrase : La littérature antique, de son côté, nous a livré, par Aulu-Gelle, le récit du lion dAndroclès dont lhistoire ressemble beaucoup à la scène imaginée ici par Chrétien. Un lion, délivré dune écharde à la patte par Androclès, épargne son bienfaiteur prêt à subir le martyre pour sa foi. La célèbre histoire de Pyrame et Thisbé Ovide, Métamorphoses, IV, v. 55-167 peut aussi être citée, bien que le lion y joue un rôle fort différent. Troyes symbolise le passage du réel au merveilleux dans la quête art le lion et lauteur na pas besoin dévoquer deables ou anfer:
21La fontaine est au centre symbolique de lespace romanesque. Comme le verger de Brandigan, le tournoi dOxford, le Pont de lÉpée ou le cortège du Graal dans les autres romans arthuriens, elle est ici le lieu de lépreuve qualifiante : celui qui déclenchera la tempête, vaincra en combat singulier le défenseur du fief et méritera lamour de la dame, celui-là sera lélu : le roman ne sachève que lorsque tout cela est accompli. Si chaque passage à la fontaine constitue donc un temps fort du roman, ils ne sont pas tous identiques. Lon peut distinguer trois formes de scansions. Premier cas de figure : le protagoniste du récit déclenche la tempête. Cela na lieu quà trois reprises, par Calogrenant, par le premier Yvain, celui davant la folie, puis par le second Yvain, qui est devenu le Chevalier au lion. On retrouve une structure ternaire : bel effet déquilibre. Le premier Yvain se rend une autre fois sur les lieux pour combattre le sénéchal Keu, mais ce nest pas lui qui suscite lenchantement ; quant au Chevalier au lion il passe deux fois à la fontaine sans y provoquer lorage. Calogrenant se rend donc une seule fois à la fontaine, Yvain deux, le Chevalier au lion trois : bel effet de progression. Enfin la fontaine peut être lobjet de la quête dun personnage secondaire : dans la première partie des aventures dYvain, il sagit dArthur ; dans la seconde, de la jeune messagère qui relaie la cadette de la Noire Épine à la recherche du Chevalier au lion. Litinéraire Cour-fontaine-Cour nest donc pas réservé au protagoniste. Quel rôle jouent alors ces épisodes dans léconomie du roman? Nous le verrons dans un instant en étudiant les changements didentité du protagoniste. Pour le moment, nous pouvons déjà tracer un premier dessin de la conjointure :
v 3438. Lescrie crie sur lui, malaisé à conserver à cause du sens péjoratif induit par lexpression. La guerre dabord, quand la dame de Norison fait appel à Yvain pour affronter le comte Alier. Quand Yvain arrive au château, il na que le souci de sy faire héberger pour la nuit, comme cest lhabitude des chevaliers errants v. 5159 5163, doù ses réactions aux invectives des habitants. Toute question ou remarque concernant ce site Web. Et sagenouillait ensuite, tout en baignant humblement sa face de larmes 201. Dame, pardon ; quand votre seigneur mattaqua, eus-je tort de me défendre? Un homme veut tuer ou capturer son adversaire ; si lautre se défend et le tue, est-il coupable de quoi que ce soit? Dites-le moi.
Dans le château, Yvain tombe amoureux de, Dame de Landuc, dont il vient dassassiner lépoux, le chevalier Esclados Le Roux. Ibid, p. 834, v. 3724-3727 ; p. 852, v. 4279-4286 ; et p. 863, v. 4605-4609 pour la citation : Ne pour chou ne vous quier cheler Comment je me fais apeler : Ja du chevalier au leon Norrés parler se de moi non. 23-1 er Yvain : Cour fontaine 1 Arthur : Cour fontaine fontaine 2 Cour avec Arthur toute épreuve et la douleur dYvain reste aussi pathétique. N EST-CE point là le signe dun amour total, parfait? Oui, certes. Et la Haine ne se manifeste-t-elle pas avec évidence? Oui, car il nest pas douteux que lun voudrait couper la tête à lautre, ou lui faire subir un traitement si humiliant quil nen vaudrait pas mieux. Par ma foi, cest un vrai prodige quAmour et mortelle Haine soient trouvés réunis. Dieu! Comment se peut-il quun même logis soit le commun séjour de deux sentiments si contraires? À mon avis, ils ne peuvent cohabiter dans le même logis, car ils ne pourraient pas habiter ensemble un seul soir sans quéclatent entre eux querelle et dispute, dès que lun se serait rendu compte de la présence de lautre. Mais, dans une même maison, il y a plusieurs demeures, et on la sépare en loges et en chambres ; ainsi la cohabitation est-elle possible. Sans doute, dans ce cas-là, Amour sétait-il retiré dans quelque chambre secrète, tandis que Haine se tenait dans les galeries donnant sur la rue, parce quelle veut toujours quon la voie. Mais voici que Haine se prépare ; elle talonne, elle aiguillonne, elle éperonne Amour tant quelle peut, et Amour reste silencieux. Ha! Amour! où es-tu donc caché? Sors donc, et tu verras quels hôtes se sont sur toi jetés et te poursuivent ; voilà lœuvre des ennemis! Les ennemis, ce sont ceux-là mêmes qui saiment du plus saint amour qui soit : car amour qui nest ni faux ni mensonger est chose précieuse et sainte. Mais ici, Amour est aveugle, et Haine ne voit goutte ; car Amour aurait dû les empêcher, sil les eût reconnus, de saffronter, et de se faire du mal. Amour est aveuglé, écrasé, trompé : ceux qui sont à lui de droit, il ne les reconnaît pas, alors même quils sont sous ses yeux. Et Haine, qui ne saurait dire pourquoi ils se haïssent, veut les faire se battre sans raison et chacun deux hait lautre à mort : un homme qui veut déshonorer lautre et le tuer ne laime pas, je vous le dis. Comment! Est-il possible quYvain veuille tuer messire Gauvain, son ami? Oui, et Gauvain veut lui infliger le même sort. Messire Gauvain voudrait donc tuer Yvain de ses propres mains, ou faire pire encore? Non certes, je vous laffirme et vous le jure. Jamais lun ne voudrait avoir causé à lautre aucun dommage ou aucun mal, pour tous les bienfaits que Dieu a faits à lhomme, ni pour tout lempire de Rome. Mais non, et jai menti indignement, car il est visible et clair que chacun veut assaillir lautre, lance en avant ; chacun veut frapper lautre, lhumilier, le réduire au désespoir, et il népargnera pas sa peine. Dites un peu : de qui se plaindra celui qui aura reçu le plus de coups, une fois que lun aura dominé lautre? Car sils en viennent à saffronter, jai bien peur quils ne fassent durer la bataille, le corps à corps, jusquà ce quun des deux combattants soit vaincu. Yvain pourra-t-il raisonnablement soutenir, si cest lui qui a le dessous, quil a reçu outrage et honte de celui quil compte parmi ses amis, à qui il ne donna jamais dautre nom que ceux dami, de compagnon? Et si le sort veut quil lui ait fait du mal, ou quil le surpasse en quelque manière, aura-t-il le droit de gémir? Nullement, car il nen saura pas la cause. Vers 6007-6099. Arthur, le roi de Bretagne, revient de la bataille. A vrai dire, il sagit plus de conjointures que détudes originales : je ne suis pas universitaire, et il me semblerait dangereux davancer des théories qui pourraient savérer mal fondées, donc trompeuses. La littérature médiévale est difficile à aborder du fait des trop nombreuses inconnues quelle recèle en ce qui concerne la paternité des œuvres, leur datation, les conditions de leur réception et lintertextualité. Par ailleurs, ce qui me semble surtout utile, cest de faire gagner du temps aux agrégatifs en leur livrant la substance de travaux de spécialistes auxquels ils pourront toujours se référer sils en ont le temps ; je nignore pas que lœuvre médiévale nest souvent abordée bien à tort quentre lécrit et loral, et quon na guère le temps alors de lire beaucoup détudes critiques. Cest donc plutôt en ce sens que je pense orienter mon travail. Les cookies assurent le bon fonctionnement de Babelio. En poursuivant la navigation vous en acceptez le fonctionnement.